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Trois siècles plus tard, un nouveau mariage royal rapproche les portugais et les futurs belges. La belle Isabelle, fille de D. João 1, épouse Philippe le Bon, Duc de Bourgogne, qui, par ses conquêtes, est parvenu à unifier toute la région d'où, plus tard, émergera le Royaume de Belgique. La romance entre les deux amoureux a inspiré les artistes de J'époque, entre autres Van Eyck qui a peint le portrait de la princesse. C'est à l'occasion de ce mariage, célébré en grande pompe dans la ville de Bruges, qui a été fondée l'Ordre de la Toison dOr. Deux mille portugais faisaient partie de la suite de la princesse: ils se sont intégrés et ont occupé des situations importantes au niveau de la vie sociale, culturelle et économique de la ville où ils jouissaient de certains privilèges. Avec l'ensablement du port de Bruges, à la fin du XVe siècle, J'activité économique et portuaire s'est transférée vers la ville dAnvers, et avec elle la colonie portugaise qui a continué à jouir de ses privilèges. Les portugais se consacraient surtout au commerce et à la finance. Quelques uns, comme Simão Rodrigues dÉvora, étaient des personnages influents et mécènes d'artistes comme Otto Venus ou Rubens. En 1499 est créée à Anvers la « Feitoria de Portugal », comptoir commercial qui acquittait également des services consulaires. Nous pouvons donc dire que le Consulat portugais à Anvers est vieux de 500 ans Après cette « émigration » royale, des humanistes ont suivi tels que Damião de Goes, qui enseigna à l'Université de Louvain où il aida la population à organiser la défense contre l'envahisseur français. Au Me siècle, le grand écrivain Almeida Garett a été le premier ambassadeur portugais auprès du Royaume de Belgique. Déjà au XXe, un autre écrivain célèbre, Vitorino Nemésio, créa l'enseignement de la langue et de la culture portugaise à l'Université libre de Bruxelles. Il ne faut pas oublier tous les soldats qui sont venus aider à défendre la liberté lors de la première guerre mondiale, et dont quelques milliers ont perdu la vie pendant la bataille de la Lys. Plus récemment il y a tous ceux qui, par leur travail, sont venus participer et continuent à contribuer ou développement de l'économie belge. Au cours de ce siècle, le premier grand flux migratoire de portugais vers la Belgique dote des années soixante, les uns venant pour les raisons politiques d'autres pour des raisons économiques. Parmi ces derniers, la plupart, originaires de régions minières du Portugal, sont venus travailler dans les mines de Liège, du Hainaut ou du Limbourg. D'autres ont poursuivi leur profession de tailleurs de pierre dans les carrières de Sprimont, Soignies et Yvoir. Dans les années quatrevingt après ladhésion du Portugal à l'Union Européenne, une deuxième vague arrive. Quelques différences distinguent ces deux groupes de migrants. Dans les années soixante, les hommes venaient d'abord, souvent en possession d'un contrat de travail et seulement après, on procédait au regroupement de la famille. Lors de la deuxième vague, les travailleurs venaient directement accompagnés de leurs familles, ou ou moins du conjoint et sans contrat de travail dans la majorité des cas. Cette circonstance, jointe aux difficultés du marché de l'emploi dans les années quatrevingt et début des nonante, a généré un certain nombre de situations socioéconomiques problématiques. La Communauté portugaise en Belgique est aujourd'hui composée de trois générations avec des caractéristiques différentes. Ainsi la qualification professionnelle est très faible pour Io première génération, mais on constate de grands progrès parmi les personnes de la seconde et surtout de la troisième génération. Le nombre de personnes qui obtiennent un diplôme de l'enseignement supérieur est en constante augmentation, ce qui témoigne de la conscience grandissante, chez les parents, de l'importance de la formation des jeunes. Une évolution parallèle est observée en ce qui concerne l'intégration dans la société d'accueil. Il est évident que la scolarité et une bonne connaissance de la langue locale ont eu un rôle déterminant dons le niveau d'intégration des portugais. Un des indicateurs de cette intégration est la proportion particulièrement forte (75%) de mariages mixtes. Une autre particularité des portugais résidant en Belgique est l'esprit d'entreprise. Pour un effectif global estimé à 40000 personnes, le nombre de travailleurs indépendants et chefs de petites entreprises est très élevé. La vigueur du mouvement associatif mérite une mention spéciale, car les associations restent les pâles de dynamisation de Io communauté et cela malgré certaines difficultés récentes, entre autres inhérentes à la mutation des flux migratoires. Il faut souligner également la créativité artistique de la communauté en Belgique qui compte un nombre élevé d'artistes reconnus et multiplie les initiatives culturelles. Cependant il faut regretter la faible participation de la communauté dans la vie politique locale. C'est sans doute un des principaux défis pour l'avenir. En effet dans leur propre intérêt les portugais doivent s'exprimer, surtout au niveau communal. Un autre défi est la continuation de la progression du niveau de formation professionnelle dans une société sans cesse plus exigeante en termes de compétitivité. Pour finir, une plus grande cohésion de la communauté autour de projets communs s'impose, ce qui contribuera non seulement à la défense de ses droits et intérêts spécifiques mais aussi renforcera son image face aux autres communautés. La communauté portugaise en Belgique a subi une mutation qualitative considérable encore accélérée avec notre adhésion à l'Union Européenne, mais la mutation des mentalités est encore à venir. Sans tomber dans un chauvinisme provincial les portugais se doivent de ne pas oublier leurs origines historicoculturelles. Ils doivent néanmoins assumer, de plus en plus, toutes les facettes de la citoyenneté européenne dans une Belgique pluriculturelle, facteur d'enrichissement et de valorisation personnels. entrer |